
« Depuis leur création, en 1985, les Restaurants du Cœur ont connu un développement considérable : le nombre de repas servis est passé de 10 millions en 1985/1986 à 58 millions en 2000/2001 ; dans le même temps, le nombre de bénévoles passait de quelques milliers à plus de 40 000. 114 structures indépendantes agréées intervenaient, en 2001, sur l’ensemble du territoire. Les missions se sont également diversifiées et à partir de la fin des années 1980, l’aide à l’insertion est apparue comme la seconde mission des Restaurants du Cœur. »
« Le montant des frais d’appel à la générosité publique a progressé de 58,3 % au cours de la période considérée, et celui des frais de fonctionnement de 136,3 %. Mais ils ne représentaient respectivement que 2,9 % et 5,7 % des dépenses globales. Ces ratios demeurent modérés et sensiblement inférieurs à ceux que la Cour a pu constater dans des organismes ayant le même type d’activité. »
« Les structures mises en place lors de la création de l’association n’étaient pas adaptées à un tel changement d’échelle : les circuits administratifs et comptables étaient insuffisamment sécurisés et le contrôle interne largement insuffisant. Des détournements ont été constatés tant au siège que dans certaines associations départementales. »
« Le développement des actions d’insertion, même si les volumes financiers concernés demeurent mesurés, doit également être maîtrisé et replacé au sein de l’activité globale, dans la mesure où il implique un large recours à des financements publics et le recrutement d’un personnel salarié spécialisé. »
« Au cours des exercices 1999/2000 et 2000/2001 les ressources de la Soirée télévisée, de la Tournée qui la prolonge et des produits dérivés ont fourni près de 20 % des recettes globales. Le succès de ces produits « phares » de l’association résulte très largement de l’engagement personnel de Mme V.K.Colucci, membre fondateur de l’association, puis présidente (*). »
« Après une enquête approfondie sur les opérations liées à la production de l’émission, la Cour n’a constaté aucun flux financier contestable. Elle recommande, pour la production de l’émission comme pour l’ensemble des activités audiovisuelles considérées, la mise en place de procédures qui permettent aux membres du conseil d’administration et au bureau national d’exercer de manière efficace et en toute transparence leur mission d’impulsion et de contrôle. »
« L’équipe dirigeante en place depuis l’automne 1998, remaniée en 2002, s’est attachée à modifier l’organisation interne dans le sens d’une plus grande formalisation des procédures, d’une professionnalisation de certaines fonctions (comptabilité, approvisionnements) et du renforcement des contrôles, notamment par l’audit des associations agréées. »
« Ces efforts doivent être poursuivis avec d’autant plus de vigueur que les bénévoles, sur lesquels la vie de l’association au quotidien repose largement, n’en perçoivent pas toujours clairement la finalité. Les incertitudes liées à l’avenir des actions d’insertion doivent être levées par un débat qui associe toutes les composantes de l’association. Si elles sont poursuivies, ces actions doivent s’inscrire dans un projet global et ne plus dépendre d’initiatives locales. »
« En rationalisant leur gestion et en l’adaptant ainsi aux contraintes d’une croissance rapide, les Restaurants du Cœur pourront consolider leur image déjà très favorable dans l’esprit des donateurs, d’association dont le dynamisme repose sur l’engagement déterminé des bénévoles qui la soutiennent. La Cour constate pour sa part que l’emploi des fonds collectés auprès du public est conforme, pour l’essentiel, aux objectifs poursuivis par les appels à sa générosité. »