
Les centres d’hébergement d’urgence accueillent pour quelques nuits les personnes en grande détresse et leur délivrent un accompagnement social et éventuellement une aide médicale et psychologique. À Paris, la Péniche du Cœur accueille chaque soir 70 hébergés pour des séjours allant de quelques jours à plusieurs semaines. Une équipe accompagne tous ceux qui veulent s’engager dans un parcours de sortie de leur situation d’exclusion. 150 bénévoles se relaient 7 jours sur 7 pour passer la soirée avec les hébergés en leur offrant un climat de convivialité et d’humanité dont ils ont tant besoin. —
Ces lieux accueillent des «cassés de la vie» pour un long séjour, le temps nécessaire pour se reconstruire. À Aubagne, le premier mis en place, Vogue la galère, reçoit entre 12 et 15 personnes en permanence, propose des activités très diverses, dans une grande ferme pédagogique abritant des dizaines d’espèces animales (poules, chèvres, chevaux, abeilles…) dont tout le monde s’occupe avec attention et affection. L’objectif est de retrouver une vie collective dans un cadre normal : on réapprend les horaires fixes des repas, l’espace collectif et l’espace personnel. Les résidents exercent différentes activités comme l’élevage d’animaux, la culture d’un jardin, la maçonnerie, le débroussaillage… —
Une douzaine de résidences sociales accueillent, de quelques mois à 2 ans, des personnes en situation difficile socialement et économiquement. Ces résidences sont des petits immeubles de 8 à 12 logements, qui vont du studio au cinq pièces, et disposent d’équipements collectifs. Il s’agit de permettre aux occupants de prendre leur autonomie et de retrouver un logement stable. Une équipe de bénévoles et de professionnels les accompagne (éducateurs, assistantes sociales, psychologues, etc.). Des maisons-relais sont en cours de création : une forme d’habitat durable, à caractère collectif mais avec parties privatives, pour des personnes souffrant d’isolement social et affectif mais disposant d’une réelle autonomie. —
Les associations départementales proposent diverses formules en fonction des conditions locales.
Les plus fréquentes sont :
1988 Au-delà du besoin alimentaire des démunis, leur réinsertion dans la société dépend largement de la possession d’un logement. La prise de conscience de ce besoin dès 1988, confortée et encouragée par les dispositions de la Loi Besson de mai 1990 relative au logement des personnes défavorisées, a amené les Restos à mobiliser largement les associations départementales.
Les premières actions se sont traduites par le parrainage sous forme d’appui moral donné à des personnes en quête de logement, sous forme d’avances remboursables pour faire face aux frais d’entrée dans le logement, soit de garantie morale et éventuellement financière données au propriétaire par les Restos. — 1990Signature d’une convention avec le Ministre délégué au Logement visant à impliquer une dizaine d’associations départementales dans l’action logement en application de la Loi Besson. Les associations doivent, pour bénéficier des avantages de la loi et des diverses aides qu’elle prévoit (fond de solidarité logement, allocation temporaire de logement), demander un agrément préfectoral. — 1992A la suite d’une réunion plénière nationale à laquelle participent des représentants des pouvoirs publics, les Restos décident de s’engager plus avant dans l’activité logement. Cela se traduit par différents types d’action : hébergement d’urgence, logement d’insertion, location pour sous-location auprès de propriétaires privés ou Offices d’HLM. — 1993Inauguration de la première opération de réhabilitation portant sur un immeuble de sept logements à Châtellerault, réalisés sous maîtrise d’œuvre Restos sous la forme d’un bail à réhabilitation Loi Besson. — 1997Signature d’un protocole d’accord avec l’Union des HLM portant en particulier sur des opérations importantes du type résidence ou hôtel social, où les Offices d’HLM sont maîtres d’œuvre pour des projets suscités par les Restos. Ces derniers devenant locataires des HLM et gérants de l’exploitation des structures destinées à des occupants démunis ; ce protocole prévoit aussi l’allocation, sous-location avec bail glissant. — 2002Signature d’un accord national avec l’Adoma (ex Sonacotra), qui met à disposition son parc immobilier, sur 53 départements, pour accueillir en priorité les demandes de logement adressées et suivies socialement par les Restos. — 2006Les Restos se sont battus auprès des pouvoirs publics pour le maintien de la loi SRU et pour l’application du droit opposable au logement.