Portraits
Et parce que ce sont les premiers concernés qui le racontent le mieux, les Restos ont eu envie de mettre en lumière quelques-unes de ces amitiés à travers les paroles de ceux qui les vivent. Elles illustrent une vérité cardinale aux Restos : qu’on soit accueilli ou bénévole, on est tous du même bois.
Nourredine et Marie
Je suis bénévole aux Restos du Coeur et bénéficiaire. Du lundi au samedi, je donne un coup de main. Ici, l’ambiance est formidable. Parfois évidemment, certaines personnes arrivent énervées, fatiguées, sans avoir mangé de la journée et il peut y avoir des embrouilles. La rue, c’est une école, il faut comprendre ce que c’est. Quand il fait 40 degrés par exemple, c’est dur. Quand on vit dehors, il n’y a pas d’endroit où se réfugier. Heureusement qu’il y a les Restos.
Nourredine, bénévole et personne accueillie

Nourredine, ici, tout le monde le connait. Depuis des années, il est le premier arrivé et le dernier parti. C’est une personne sur laquelle on sait qu’on peut s’appuyer. Il parle haut, fort et en couleur et il fait le lien entre les personnes accueillies et les bénévoles. Et ça c’est super important. D’une certaine manière, il participe à créer un sentiment de sécurité pour tout le monde.
Marie, bénévole
Chantal et Momo
Avant j’étais à la rue. Je l’ai même été plusieurs fois. Maintenant je suis en foyer. Vivre dehors, c’est dur, il faut se protéger contre les attaques et contre les vols. Et la nuit, il n’y a que le mal qui peut arriver. Il faut faire attention à soi. Je remercie beaucoup Chantal. Pendant les périodes difficiles, quand il fait -4 degrés, tu la vois arriver avec sa gentillesse, son sourire, tu te sens déjà mieux.
Momo, personne accueilli
C’est vrai qu’en étant bénévole aux Restos depuis 25 ans et coordinatrice de maraude, je me sens vraiment utile.
Chantal, bénévole
Rolande et Mila
Je passais souvent devant les Restos du coeur. Un jour, je me suis dit qu’il fallait oser y entrer et demander de l’aide. C’était en 2023. Au départ j’étais très réservée, à l’écart. Petit à petit, mamie Rolande m’a mise à l’aise. C’est notre doyenne. J’avais besoin de tendresse et d’être rassurée. Depuis, tous les jeudis, c’est devenu un rituel : je bois un petit café avec elle, on parle de nos petits soucis de santé, de nos familles, des petits bonheurs. Et je lui fais un gros bisou à l’arrivée et avant de partir.
Mila, personne accueillie
J’ai 89 ans et demi. Je m’occupe du coin café avec beaucoup de plaisir. J’accueille avec des gâteaux, je fais des quantités astronomiques de café. On me dit oui ou non, mais j’en propose à tout le monde. Les personnes qui viennent, je les connais bien maintenant. Beaucoup sont très seules ou sont mal entourées. Avec Mila, on prend toujours le temps, on s’entend, c’est tout simple.
Rolande, bénévole