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En maraude à Toulouse : « Je n’en peux plus d’être dehors » 

Tandis qu’une nouvelle nuit caniculaire s’abat sur Toulouse, Stéphane , 55 ans, retrouve l’équipe maraude des Restos du Coeur et souffle, le temps d’un café.

La canicule fige la ville de Toulouse sous 40 degrés. Alain et son infatigable équipe de maraudeurs font halte au Parc du Ramier. Une dizaine de silhouettes surgissent de nulle part et s’approchent du camion maraude. Parmi eux, Stéphane et Adrian. 

Stéphane, 55 ans est à lui seul un plaidoyer contre tous les stéréotypes qui existent encore sur les personnes à la rue. Diplômé d’un BTS Action commerciale, il a connu le travail salarié au sein de la banque Barclays et la routine de la vie de bureau… avant de décrocher.

Ce Parisien d’origine a atterri dans le Sud à la suite d’un licenciement économique survenu à la fin des années 90. « A la rue depuis trop longtemps », il accuse la fatigue. 

A ses côtés, Adrian, la petite quarantaine, panique. Depuis le réveil, il appelle sans relâche le 115 et angoisse à l’idée de passer sa quatrième nuit à la rue :

« Je n’en peux plus d’être dehors. Je suis fatigué et j’ai peur de me faire attaquer. Je n’ai confiance en personne et je ne connais pas Toulouse. » 

« La rue, c’est une école »

Les deux hommes ont décidé de se tenir compagnie jusqu’à l’aube pour plus de sécurité. « La rue, c’est une école. Ça s’apprend », commente Stéphane.

Le quinquagénaire ne prend que le café qu’on lui propose mais accepte volontiers deux paires de chaussettes neuves. A la rue, le bien est précieux, « et moi, je marche énormément. » Il apprécie aussi de pouvoir discuter avec les bénévoles Restos et rompre son isolement. 

Stéphane ne possède plus de téléphone. De toute façon, il a cessé depuis bien longtemps d’appeler le 115. Il se prépare comme tous les soirs pour la nuit et se met en quête d’une cachette au calme.

Entre temps, Adrian a lui aussi renoncé à joindre le numéro d’hébergement d’urgence et se résout à passer la nuit dehors. Il a rendez-vous le lendemain avec une assistance sociale et déballe aux bénévoles son dossier administratif.

« Vous nous tenez au courant? », lui lance Alain, responsable bénévole des activités rue, en lui tendant un dernier café. 

« Vous revenez quand ? »

La maraude Restos a lieu quatre soirs par semaine, tout au long de l’année. Grâce aux moyens qui leurs sont confiés, les Restos ont pu déployer 100 activités de rue partout en France en 2025 : maraudes, camions et bus du cœur, accueils de jour et Restos chauds.