Sarah, 53 ans : « Avant d’être accompagnée par les Restos, j’avais vraiment peur »

10 août 2026

C’est une histoire qui finit bien… même si, à 53 ans Sarah revient de loin. Entre coups durs, retour à l’emploi et vacances inespérées après le bac de sa fille – « la dernière fois qu’on est parties, elle avait 6 mois » – cette mère de famille refait surface pas à pas, avec la complicité des Restos. Témoignage.

À la mort de son mari en 2011, Sarah se retrouve seule et endeuillée avec ses deux filles. À l’époque, elle se démène pour “trouver des solutions” et 2019, déménage en gironde pour s’occuper de sa mère paraplégique. De petits boulots en petits boulots, “j’ai travaillé comme hôtesse de caisse, agent de production dans une usine de glace mais ça ne m’a pas beaucoup plu. Ensuite j’ai travaillé en intérim comme préparatrice de commande.

À l’époque, les aides à domicile de sa mère lui permettent encore d’envisager un emploi “mais tout s’est arrêté avec le Covid”. Sarah devient aidante à plein temps jusqu’au décès de sa mère. 

« Les Restos, ça redonne confiance »

En 2025, elle est à bout. Une assistante sociale l’oriente aux Restos du Cœur. “À l’époque, c’est ma fille de 15 ans qui allait très mal. Elle avait perdu son père, ses deux grands-mères. Le quotidien était dur. Elle était en 3e, n’allait plus à l’école, se faisait du mal”. À l’évocation de cette période, la voix de Sarah se voile. “Un jour, la CPE et l’infirmière du collège ont appelé pour tirer la sonnette d’alarme.” Hospitalisation, psychiatre, dépression. Sarah se consacre alors à sa fille “pour qu’elle remonte et qu’on s’en sorte”.  

Lors d’une distribution alimentaire aux Restos, Thierry, bénévole, lui propose de lui donner un coup de pouce pour retrouver un emploi et formaliser son projet professionnel. 

« Je voudrais monter mon entreprise. »

“Avant d’être accompagnée par les Restos, j’avais vraiment peur. Je me disais que je n’allais pas y arriver. Thierry m’a encouragée, m’a donné des contacts pour consolider mes démarches, être plus assurée. Ça fait de bien de rencontrer des personnes comme ça. Ça vous redonne confiance”. 

Dans la foulée, Sarah entame une formation de deux mois via la CAF, pour faire le point : « Ça m’a aidée à formuler mon projet qui est à la croisée de l’artisanat et de la sphère de l’aide sociale ».

La situation de Sarah s’améliore mois après mois. « Parfois on ne se rend pas compte », sourit-elle. Elle bénéficie de « l’aide alimentaire tous les quinze jours pour moi et ma fille. Parfois aussi, on va chez le coiffeur bénévole de notre centre Restos. »

Des vacances pour « fêter le bac de ma fille »

Les Restos m’ont beaucoup aidée. Parfois je me dis que c’était écrit. Qu’il fallait peut-être que je passe par toutes ces difficultés pour enfin remonter. Aujourd’hui, ma fille va mieux, elle a la volonté. Et moi aussi. Parce que je suis plus solide. Hier, ma fille a regardé cette petite vidéo. Elle a eu les larmes aux yeux. Elle est fière de sa mère, et moi aussi. Je suis fière de nous.

Sarah, personne accueillie aux Restos

 

En ce début du mois de juillet, mère et fille partent quelques jours à la montagne, grâce aux Restos : « La dernière fois que je suis partie en vacances, ma fille avait 6 mois. C’était il y a 18 ans. Cette fois, on part vraiment ailleurs. On y pense depuis des mois. Depuis février, je provisionne 40 euros par mois pour ces vacances. »

Aux Restos, les accompagnements aux départs en vacances impliquent une participation financière de la part des personnes accueillies et d’un accompagnement budgétaire au long cours. Cela a été le cas pour Sarah comme pour les 5684 personnes qui ont bénéficié d’un accompagnement au départ en vacances en 2024.

« Je me suis dit tant pis, on mangera des patates. Mais aujourd’hui, ca y est, les vacances sont payées et planifiées. On va profiter de ce temps passé ensemble. Pour nous, ce sera aussi une manière de fêter le bac de ma fille. Ce sera comme une récompense qu’elle aura bien méritée. »