Pour Sarita et Romy, la solidarité est une affaire de famille
« Nous avons élevé nos filles dans un esprit d’entraide et de bienveillance ». Chez les Jean, depuis dix ans, on est bénévoles aux Restos. De collectes en distributions, les sœurs Sarita et Romy mais aussi leurs parents tissent au sein de l’asso une histoire de transmission et d’engagement. Rencontre.
Quand Sarita et Romy quittent leur Guadeloupe natale pour Paris en 2013 afin de suivre leurs études, les deux sœurs, aujourd’hui âgées de 34 et 31 ans, ne tardent pas à s’engager aux Restos du Coeur. « Nous avons grandi au milieu de gens aux parcours difficiles. Nous avons appris à partager, confient-elles. La solidarité est pour nous quelque chose d’évident ». « En Guadeloupe, les gens ont l’habitude de s’entraider et de partager leur savoir-faire entre voisins », commente leur mère.
Si les parents ont transmis des valeurs de solidarité à leurs deux filles, en retour, celles-ci leur ont ouvert les portes des Restos du Cœur.
Sarita et Romy font leurs premiers pas de bénévoles en 2016, lors de la collecte des Restos, avec une bande de copains de leur chorale. Depuis deux ans, Romy, toujours épaulée par sa sœur, est responsable de la collecte au Carrefour d’Auteuil (Paris 16e). Les 6,7 et 8 mars prochains, elles y retrouveront d’ailleurs leur groupe d’amis… ainsi que leurs parents, Eric et Mathilde qui enfilent à leur tour les chasubles rose fuchsia dès qu’ils se trouvent en métropole. Une affaire d’amour et de réciprocité, en somme.
Mais ce n’est pas tout. Au-delà de la collecte, Sarita et Romy participent également depuis 2016 à une distribution de repas chauds parisienne, le dimanche soir, au camion des Restos du Cœur.
« C’est une activité très différente de la collecte. Nous avons créé un fort lien social avec les gens qui viennent ; certains ont besoin de parler, car ça leur fait du bien », glisse Romy.
Cette attention à l’autre, les deux sœurs la retrouvent aussi dans leur vie pro : Sarita à travers des actions culturelles au Conservatoire de Pantin, Romy dans la recherche de mécènes à l’Opéra de Paris. Mais c’est aux Restos du Cœur que cet engagement prend une dimension particulière : celle d’un chemin partagé en famille. Et leur papa de conclure :
« J’ai suivi le parcours de Coluche et son engagement dans les années 80. Les Restos du Cœur, ça m’a toujours parlé et je considère qu’il y a une urgence à donner un peu de chaleur aux gens qui souffrent. Mes filles m’ont fait découvrir une équipe formidable sur la collecte, mais aussi à la distribution du dimanche auxquelles je participe quand je suis à Paris. »