Zoom sur…Marie-Paule Maury, Fondation SNCF

2 mars 2026

Depuis mi-2023, la Fondation SNCF met à la disposition des Restos du Cœur des salariés en mécénat de compétences longue durée. Une collaboration très utile à l’association, qui bénéficie des compétences nécessaires à son fonctionnement quotidien. Marie-Paule Maury, responsable de l’engagement des salariés, partage son expertise sur le sujet.

Pouvez-vous nous décrire la Fondation de la SNCF ?

La Fondation SNCF vient de fêter ses 30 ans, elle est à la fois jeune et c’est une grande dame. Elle s’engage au service de l’intérêt général en travaillant avec des associations partenaires. Avec elles, nous sommes à la fois mécène financier et mécène de compétences. Sur la période 2021/2025, notre conseil d’administration nous a confié la mission d’accompagner les jeunes de deux façons différentes. En les aidant à trouver leur voie, notamment dans leur scolarité, leur recherche d’emploi ou encore leur citoyenneté, y compris en les accompagnant sur des projets solidaires et civiques. Et les aider à agir sur l’ensemble du territoire français en faveur de l’environnement.

Qu’est-ce que le mécénat de compétences apporte aux salariés ?

Nous avons actuellement en France 180 salariés engagés en mécénat de compétences. C’est avant tout une expérience humaine, une expérience de solidarité porteuse de lien social. Tous le disent quand ils reviennent dans l’entreprise ou à la fin de leur mission : « on vit une expérience fabuleuse et c’est une source de motivation, de fierté, ça donne du sens à ce que l’on fait ». Pour la Fondation, ils participent à un axe fort de la stratégie de l’entreprise « Le salarié acteur et bénéficiaire ». Ainsi, on touche la fierté d’appartenance au groupe. Une étude d’impact récente auprès des salariés ayant bénéficié d’un mécénat de compétences indique que 72 % d’entre eux sont fiers d’appartenir au groupe et 96 % des salariés engagés considèrent que c’est une source d’épanouissement.

Quels sont les retours des salariés revenant des Restos du Cœur ?

Pour moi, la relation avec les Restos du Cœur est très conviviale. Un salarié témoignant à un atelier de préparation au mécénat de compétences a été hyper positif sur la qualité de l’accueil et de l’intégration aux Restos du Cœur. Il s’est senti complétement intégré, personne n’évoquait son statut de mécénat de compétences et ça lui a permis de faire encore plus partie de l’association. C’est la première fois qu’on me fait ce retour.
 

Découvrir le mécénat de compétences

 

Quels sont selon vous les facteurs clés de succès dispositif ?

Le programme doit être porté au plus haut de la hiérarchie de l’entreprise. C’est primordial. Si ce n’est pas fait, ça ne marchera pas ! Un second point important : le mécénat doit être prévu pour tous. Il ne doit pas être réservé à une catégorie de personnel, ça passe nécessairement par une communication efficace qui va s’adresser à toutes les personnes. Le troisième, c’est la reconnaissance des compétences développées durant leur période au sein de l’association. Quasiment tout le monde développe de nouvelles compétences. Au sein de la SNCF, depuis janvier 2024, les compétences acquises en association sont reconnues lors de l’entretien annuel au retour du salarié.

Quels conseils donneriez-vous aux associations qui s’engagent dans cette démarche…

Allez-y ! N’hésitez pas ! Préparez une fiche d’expression de besoins la plus claire possible. Il faut réaliser un véritable entretien de recrutement, vous avez le choix et même le devoir de ne pas retenir un candidat si vous sentez que ça ne va pas matcher. Ensuite, il faut vraiment soigner l’accueil et l’intégration. C’est compliqué pour la personne qui arrive, elle perd tous ses repères, arrive dans une structure qui n’a pas forcément les mêmes valeurs, les mêmes services d’appui, les personnes sont différentes, il y a des bénévoles, des salariés, des mécénats de compétences…, donc il faut s’adapter et s’habituer. Pour tout ça il faut un manager qui accompagne, fixe des objectifs, c’est un gage de sérieux pour le salarié, c’est également important pour l’entreprise qui questionnera l’association au moment de l’entretien annuel du salarié.