Culture, loisirs et départs en vacances

Les activités culturelles, de loisirs, physiques et sportives et les départs en vacances proposés dans les centres des Restos du Cœur permettent d’échapper à la fatalité de l’isolement et du repli en recréant du lien, des échanges et de la convivialité.


Chaque année, les Restos accompagnent de nombreux projets de développement d’activités culturelles et de loisirs à destination des personnes accueillies. Ces moments de détente, ludiques ou festifs, représentent une opportunité pour les personnes accueillies et les bénévoles de se rencontrer autrement que dans l’urgence, de nouer de nouvelles relations et surtout de sortir d’un univers triste et de l’isolement.
Ces activités constituent des supports d’insertion précieux. Véritables outils d’accompagnement dans le temps, ils ouvrent souvent la porte au dialogue et permettent d’enrichir les échanges, de développer la convivialité, et d’élargir l’horizon du quotidien des personnes accueillies.

Il existe plusieurs activités :

Les activités culturelles et de loisirs

Les personnes accueillies par les Restos sont souvent éloignées des établissements culturels. Les freins à cet accès sont d’abord économiques car les revenus des personnes ne leur permettent pas de s’offrir des places de cinéma, de spectacle vivant ou une entrée à des expositions. De plus, les barrières psychologiques créent une fissure entre les personnes et les lieux culturels, jugés trop souvent élitistes ou inaccessibles (notamment en milieu rural) et ce même quand il y a gratuité.

Les Restos proposent des activités régulières créatrices de lien qui répondent aux besoins exprimés ou non de populations géographiquement éloignées et ayant une grande difficulté d’accès aux équipements culturels : sorties culturelles et de loisirs (cinéma, musée, théâtre, visites de villes, journées à la mer, spectacles), ateliers de pratique artistique et culturelle (peinture, dessin…).

Elles permettent un accompagnement dans la durée, complémentaire à l’ensemble des autres actions d’aide à la personne développées par les centres d’activités luttant ainsi contre toutes les formes d’exclusion.

Les Rencontres au cinéma

DSC_6784Les bénévoles des Restos invitent les personnes accueillies à une séance de cinéma pour regarder ensemble un film à l’affiche dans les salles.

Il s’agit souvent de séances privées suivies d’échanges autour du film projeté, mais le dispositif comprend aussi des séances publiques pour encourager l’autonomie des personnes. A l’issue de la projection, des animateurs professionnels ou les accompagnateurs bénévoles des centres proposent aux spectateurs de discuter du film dans le hall du cinéma ou dans un centre d’activités (au coin café, dans l’Espace Livre, dans les ateliers de dessin, de cuisine, ou d’écriture…).

Les projections se déroulent dans des salles de cinéma partenaires : réseaux (UGC, Gaumont-Pathé, CGR cinémas….) mais aussi de cinémas indépendants (associatifs, municipaux…). Les Restos s’appuient également sur des réseaux de cinémas itinérants (CinéFOL, MJC,….). Les projections sont essentiellement organisées entre décembre et fin mars, à diverses fréquences.

Le cinéma est omniprésent dans notre environnement. Proposer aux personnes accueillies d’y participer, c’est leur éviter une exclusion sociale supplémentaire et leur permettre de participer à un élément important de la vie culturelle, particulièrement pour les enfants, qui peuvent ainsi avoir accès à la majorité des films qui leur sont destinés chaque année.

Assister à une projection nécessite de sortir de chez soi et de son environnement. Des liens se créent avec les bénévoles et entre les personnes accueillies. Tous ces nouveaux échanges développent la communication et permettent d’enrichir ses pratiques culturelles tout en rompant avec l’isolement, la marginalisation.

Les ateliers de pratique artistique et culturelle

Complémentaires aux sorties culturelles, ces ateliers de dessin, peinture, écriture, expression, de théâtre ou de danse, etc., peuvent être animés par des bénévoles comme des professionnels et permettent avant tout de tisser un lien social fort dans une ambiance conviviale et enrichissante.

Les Espaces Livres

espace-livresLes livres et la lecture permettent de lutter contre l’isolement et contre l’exclusion. Véritables outils d’accompagnement et d’ouverture à la culture, passerelles vers les bibliothèques publiques, les Espaces Livres des Restos sont des lieux d’accueil, d’écoute, de rencontre et d’échange pour petits et grands.

Les publics que nous accueillons sont bien souvent éloignés de la lecture, du fait d’une déscolarisation précoce, de situation d’exclusion, de difficultés de maîtrise de la langue française et d’éloignement général des activités culturelles et de loisirs. Le livre est sans nul doute un vecteur important d’accompagnement des personnes pour créer du lien,  pour renouer avec la culture et pour accéder à l’imaginaire et au rêve.

Les espaces livres fonctionnent sans investissement financier important dans les centres : mobilier et fonds sont issus de dons (bibliothèques, éditeurs, libraires, particuliers, collectivités, entreprises…)  et fonctionnent grâce à la mobilisation de centaines de bénévoles, issus ou non des bibliothèques et médiathèques, du secteur culturel et associatif, et du corps enseignant. Selon les possibilités et l’importance du fond, ils fonctionnent selon un système de prêt ou de don et sont alimentés par des dons privés (bénévoles, associations, particuliers…), de bibliothèques et médiathèques, de collectivités, de professionnels du monde de l’édition…

Autour des livres, un emplacement permanent et agréable est aménagé pour que les personnes puissent s’y arrêter, se poser. Ils favorisent ainsi le contact, la prise de parole, ouvrent la porte au dialogue et redonnent le goût de la lecture partagée. Ils permettent aussi de lutter contre l’illettrisme.

Situé très souvent à côté du coin café, l’Espace Livres se veut convivial et attractif, un espace calme où l’on vient discuter, dessiner, écrire, s’informer des activités culturelles proposées par le centre ou en dehors, feuilleter et emprunter livres et magazines. Les bénévoles avec parfois l’aide d’intervenants extérieurs (conteurs professionnels, bibliothécaires, écrivains publics, marionnettistes, …) proposent romans et documents divers, animent des lectures de contes, d’albums à voix haute aux plus jeunes, initient des échanges et des discussions autour de thèmes variés (débat autour d’un livre, d’un film…) et créent ainsi des liens durables avec les personnes accueillies.

Certains Espaces ont des fonds particulièrement riches et ont fidélisé un lectorat assidu. D’autres centres ont développé des initiatives novatrices grâce à des bénévoles aussi créatifs qu’impliqués : atelier tricot-lecture, animations lecture partagée parents-enfants, lecture de contes aux adultes, etc.

Par ailleurs, certains centres géographiquement proches ont mis en place un système de rotation des fonds afin de permettre de présenter une plus grande variété de titres ou font circuler les livres grâce à un « bibliobus » qui dessert d’autres communes et permet de toucher les publics de la rue.

Les départs en vacances

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En cette période généralisée de difficultés économiques, le départ en vacances n’est plus une priorité pour nombre de personnes, quand il n’est pas tout simplement devenu inaccessible pour d’autres.

Selon le CREDOC*, près d’un Français sur deux, dont trois millions d’enfants, ne partent pas en vacances chaque année. Ceux que l’on appelle les «non-partants contraints » évoquent pour 66 % des raisons financières, mais il y a aussi de puissants freins psychologiques, culturels, familiaux. C’est pourquoi les Restos les accompagnent dans leurs projets vacances afin qu’elles deviennent actrices de leur départ et pour que ces vacances soient réellement facteur d’épanouissement et d’intégration sociale.

L’objectif des Restos est de proposer aux personnes qui n’ont pas les moyens de partir de pouvoir bénéficier de vacances « comme tout le monde » à la campagne, à la montagne ou à la mer. Les possibilités en termes de durée, de période de départ, de destination et de thématique sont variées, elles permettent de s’adapter aux profils et aux besoins des personnes concernées. Il peut s’agir de séjours de rupture et de réinsertion, de séjours sport, culture ou bien-être…

Les Restos s’appuient sur leur maison familiale de vacances du Val d’Akor en Isère mais aussi sur de nombreux partenaires du tourisme à vocation sociale : villages de vacances, campings, gîtes, résidences hôtelières, centres de vacances et de loisirs pour les enfants…

Il s’agit pour la majorité des personnes accueillies de premiers départs. Ces séjours peuvent être accompagnés par des bénévoles Restos, mais des départs autonomes sont aussi proposés aux personnes qui sont prêtes à partir seules.

Ils touchent tous les publics totalement exclus du « droit aux vacances » : familles, enfants et adolescents, personnes accueillies dans les accueils de jour, personnes hébergées en résidence sociale, en CHU, personnes en insertion socio-professionnelle (ACI), seniors, etc.

Ces séjours permettent des moments de détente loin des tracas de la vie quotidienne, de sortir de l’isolement, de retisser des liens entre les parents et les enfants grâce à un cadre différent. Le retour s’organise avec plus d’enthousiasme, une forme physique meilleure, des couleurs…

Sur le plan personnel, ces vacances permettent de reprendre confiance en soi, de se redynamiser. Sur un plan social, elles permettent de mieux trouver sa place dans la société. Enfin sur le plan familial, elles permettent à tous les membres de la famille de se rassembler et de vivre des moments privilégiés ensemble.

Les vacances favorisent également la découverte de nouvelles activités telles que les sorties culturelles (théâtre, musée, bibliothèques publiques…) et permettent à des personnes qui en sont souvent très éloignées de fréquenter ces établissements culturels.

Les retours des séjours se révèlent très positifs et servent souvent d’impulsion à la naissance de nouveaux projets personnels ou professionnels.

Les activités physiques et sportives

Le public des Restos du Cœur n’a généralement pas l’opportunité de pratiquer régulièrement une activité physique. La nécessité de gérer d’autres urgences pour sa famille et pour soi-même, des frais difficiles à assumer, expliquent cet éloignement. Mais le frein financier n’est pas le seul facteur d’exclusion. Les freins à la pratique physique et sportive sont aussi culturels. La précarité engendre elle-même une perte de confiance qui peu à peu accentue le repli sur soi.

Or, le sport a des vertus éducatives, pédagogiques et agit sur le bien-être, la santé, la mixité sociale des personnes accueillies notamment pour le public de la rue.

Car le sport :

  • Contribue à une plus grande estime de soi et confiance en soi et simplifie la relation entre personnes accueillies et bénévoles en permettant d’être parmi et avec les autres, et de tenir une place et un rôle dans un groupe.
  • Ces activités permettent de dépasser certains freins psychologiques : complexes d’infériorité, d’incapacité ou rapports avec son corps.
  • Elles sont un prétexte et un support pour les bénévoles qui leur permettent d’engager des discussions sur l’hygiène de vie et notamment la diététique.

Ainsi, les Restos ont développé :

  • L’accès aux bases de loisirs et de plein air, aux villages sportifs, stages sportifs…
  • et tout au long de l’année, la pratique de certains sports au sein des centres mais aussi à l’extérieur : randonnée, football, gymnastique, vélo, natation…

* Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie

©Eric Patin