Logement

Disposer d’un toit est une étape élémentaire de l’insertion sociale. L’aide au logement existe depuis la création des Restos, elle prend aujourd’hui diverses formes, qui vont de l’hébergement d’urgence à l’accompagnement vers une location stable.


Les Centres d’Hébergement d’Urgence, de stabilisation et de Réinsertion Sociale (CHRS)

Ces structures consistent à accueillir pour quelques nuits des personnes en grande détresse. Elles leur délivrent un accompagnement social et éventuellement une aide médicale et psychologique en leur offrant : un accueil, un lit, un repas, la possibilité de se laver et de rencontrer un médecin ainsi qu’un travailleur social pour une orientation vers des structures adaptées. Selon les structures, l’accent est plus ou moins mis sur l’urgence ou l’insertion mais l’accueil reste toujours inconditionnel.

On compte aujourd’hui, dans toute la France, 6 Centres d’Hébergement d’Urgence (CHU) de 5 à 70 places dont 5 sont également des centres de stabilisation qui accueillent en moyenne 1 500 personnes : des hommes et des femmes isolés ou en couple. Au total, l’association dispose de 216 lits d’accueil d’urgence, de stabilisation et de réinsertion sociale.

Zoom sur… La péniche du Cœur à Paris

Depuis 20 ans, la Péniche du Cœur accueille tout au long de l’année une soixantaine d’hommes pour des séjours d’une nuit (hébergement d’urgence) ou pour des durées plus ou moins longues (hébergement de stabilisation).

180 bénévoles, répartis en 14 équipes (7 le soir, 7 le matin), partagent le dîner et le petit-déjeuner avec les hébergés leur offrant un climat de convivialité et d’humanité dont ils ont tant besoin.

Les bénévoles passent du temps avec les hébergés comme ils le feraient avec des amis. Ils jouent un rôle essentiel pour créer une ambiance chaleureuse dans ce lieu d’accueil. Les hébergés sont accueillis en chambre individuelle.

Pendant la durée de leur séjour, les hébergés ont accès à différentes aides :

  • des cours de français,
  • aides médicale et/ou psychologique
  • cours d’informatique et aide au retour à l’emploi
  • accès à des activités culturelles proposées le week-end (ateliers d’écriture, de théâtre, de cartes, tournois de pétanque, de football…)

Les lieux à vivre

Ce sont des lieux à caractère expérimental qui ne rentrent pas dans le cadre préétabli des établissements d’hébergement plus classiques. Ils basent leur projet autour de trois piliers :

  • un hébergement sans contrainte de temps,
  • la vie en communauté
  • et l’activité économique non lucrative.

Zoom sur… Vogue la Galère à Aubagne

Ainsi à Vogue la Galère, une vingtaine de personnes réapprennent à vivre loin de la rue, chacun à son rythme, mais en communauté. Les résidents font du maraîchage, du petit élevage ou encore travaillent le cuir et vendent leur production chaque semaine sur le marché de la ville. Ce lieu unique est le chaînon manquant dans les dispositifs d’accès au logement pour les personnes les plus marginalisées.

Les résidences sociales et hôtels sociaux

Les résidences sociales et hôtels sociaux accueillent, de quelques mois à deux ou trois ans, des personnes en situation difficile et les accompagnent vers un logement autonome. Ce sont des petits immeubles constitués de chambres pour les hôtels sociaux, ou de logements meublés pour les résidences. Une équipe de bénévoles et de professionnels les accompagne (éducateurs, assistantes sociales, maître de maison, etc.) vers un logement pérenne.

Certaines structures accueillent un public très varié alors que d’autres ont décidé de centrer leur projet social autour de l’accompagnement d’un public spécifique comme c’est le cas à Dijon par exemple, où sont accueillis des jeunes de 18 à 30 ans ou bien encore la structure de Niort qui accompagne un public issu du milieu carcéral.

5 résidences sociales de 9 à 31 logements
2 hôtels sociaux de 8 à 11 chambres.
103 logements et chambres en logement temporaire d’insertion qui sont gérés par l’association
341 personnes qui ont bénéficié de ces dispositifs et qui ont été accompagnées par 17 salariés et 66 bénévoles de terrain.
En moyenne, c’est 2/3 du public qui sort vers un logement autonome de droit commun.

L’intermédiation locative : vers l’accès à une location stable

Les associations départementales proposent diverses formules en fonction des conditions locales :

  • Les logements diffus conventionnés en Allocation de Logement Temporaire (ALT) qui répondent à l’urgence des situations tout en permettant un accompagnement sur 6 mois minimum. Ils sont mis à disposition et gérés par l’association qui peut ainsi accueillir des personnes ayant perdu – ou sur le point de perdre- leur logement. On compte aujourd’hui 126 logements en Allocation Logement Temporaire (ALT).
  • La sous-location de logements privés ou sociaux dont l’association est locataire en titre et qu’elle est autorisée à sous louer à des personnes suivies et accompagnées socialement par des bénévoles et des travailleurs sociaux. L’association gère 152 logements dans ce cadre.
  • Les baux glissants, c’est-à-dire la mise à disposition des personnes accueillies, d’appartements loués à des bailleurs privés ou sociaux, par les Restos. Une fois que celles-ci sont en mesure d’assurer leur responsabilité de locataire, le bail glisse à leur nom. Cela représente aujourd’hui 262 logements et autant de familles accompagnées.

On compte 539 appartements en intermédiation locative avec une durée moyenne de séjour de 6 à 36 mois selon les dispositifs et les territoires. Aujourd’hui ce sont 1 321 familles qui sont accompagnées par 195 bénévoles et 18 salariés sur 26 départements.  Le parc immobilier dans lequel nous logeons les personnes est issu du secteur HLM et privé ce qui permet une diversité de logement et la possibilité d’accueillir aussi bien des personnes isolées que des familles.

Les points informations logement

Le point information logement doit être en mesure de renseigner les personnes accueillies dans les centres d’activités des  Restos du Cœur sur les problématiques liées au logement : impayés, procédures d’expulsions, insalubrité, demande de logement HLM, problèmes juridiques, demande d’un logement social, procédure DALO, etc.

L’objectif est de conseiller la personne accueillie dans ses démarches et de l’orienter vers la bonne personne en cas de problème.